Culture


Les séries que je visionne en ce moment quand j’ai quelques minutes de libres :

* les moyennes :

- Lost saison 2 : plus ça va et moins il s’en passe dans chaque épisode. Et pourtant je me sens toujours attiré par l’épisode suivant. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être uniquement parce que Evangeline Lilly est si agréable à regarder ?

- 24h saison 5 : là, autant ça démarrait en fanfare avec une première heure exceptionnelle, autant la suite est de plus en plus tirée par les cheveux. Et la saison 5, à mon avis, c’est trop de chez trop (mini spoiler : je pense notamment au évènements liés au “badge” entre le début et le milieu de saison). C’est bon de savoir que Sutherland a signé pour 3 ans de plus, mais il faudrait veiller à nous écrire des scénarios un poil plus crédibles.

* les excellentes :

BattleStar GalacticaBattleStar Galactica Cylon- Battlestar Galactica saison 2 : le niveau ne baisse pas depuis le début de la saison 1. Cette série est extraordinaire d’inventivité. Les scènes spatiales sont superbes, les acteurs excellents, et l’intrigue pleine de rebondissements, bref, que du bonheur. Ca faisait très longtemps qu’on n’avait pas eu droit à une série aussi bonne, et en plus, comble de bonheur pour moi, c’est dans un univers SciFi. Très chaudement recommandé.

Dr who saison 2 episode 1Docteur Who saison 2 episode 2

- Doctor Who saison 2: Et oui, la saison 2 de cette série purement british, a enfin commencé. C’est un pur bonheur. Pour l’instant, je regrette un peu l’acteur qui jouait le docteur dans la saison 1, mais celui-ci ayant décidé de ne pas figurer au générique des saisons suivantes pour ne pas rester enfermé dans ce rôle, il faut bien faire avec. Le nouveau Docteur (David Tennant) semble être un bon acteur, mais je préférais juste le précédent (Christopher Eccleston). Les deux premiers épisodes de cette deuxième saison sont excellents, surtout le dernier en date, “Tooth and Claw”, une sombre histoire de loup-garou, de moines, et de royauté britannique, en 1875 (le docteur pensait “atterrir” en 1975, “same difference”). Cette série est un “remake” d’une série anglaise qui a été diffusée de 1963 à 1989 et est définitivement culte, ne serait-ce qu’à cause du coté kitsch des effets spéciaux de l’époque. La version 2005-2006 ne souffre cependant pas du même kitsch-isme des décors et effets spéciaux.

La série originale est extraordinaire sur plus d’un plan (cf. wikipedia et encore wikipedia)

Dr who saison 2 episode 1

Quelques superbes photos de cet artiste très imaginatif.

La femme aux chevaux

Ron Mueck Le site du Washington Post (ceux-là même qui ont mis en lumière l’affaire du Watergate, pour la petite histoire), propose de superbes photos des sculptures de Ron Mueck, cet artiste sans formation spécifique qui réalise des statues hyper-réalistes d’êtres humains, dans des tailles particulières (vieilles femmes toutes petites, ou femme couchée géante).

Ces photos ont été prises à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain.

Attention : Il vous faudra le plugin Flash pour voir ces photos.

Il paraît que l’on sent comme une gêne à se tenir à côté de ces sculptures, due au réalisme extrêmement poussé.

Ron Mueck sur le Washington Post

D’autres photos sur cet album.

A l’age de 17 ans, en vacances en Corse, j’ai eu le malheur d’accepter une cigarette tendue par une fille qui me plaisait, un soir en boîte de nuit. Sur le moment, j’ai trouvé le goût carrément dégueulasse, mais la sensation de tournis provoquée par la fumée inhalée par mon petit corps d’albâtre était très agréable et bienvenue dans cette ambiance de discothèque de vacances.

Il n’en a pas fallu plus pour commencer stupidement à fumer. De retour de vacances, j’en fumais une, deux ou quatre uniquement le samedi soir, piquées dans le paquet des potes. Puis j’ai commencé à acheter mes propres paquets et c’était parti pour quelques années.

Durant les 17 années qui ont suivi, et principalement les 5 dernières, j’ai souvent éprouvé l’envie d’arrêter de fumer, ce ne sont heureusement pas les raisons qui manquent de faire cela. Ni les méthodes…

J’ai essayé de m’arrêter en pensant à autre chose…
J’ai essayé avec les patchs…
J’ai essayé les gommes à la nicotine…
J’ai essayé de fumer des NTB (cigarettes de pharmacie qui sentent tellement le chichon qu’on ose à peine les allumer en public)…

Un jour en me baladant dans un salon (foire de Paris?) je suis même tombé sur le stand d’un type qui vendait une solution infâme dans laquelle il fallait tremper la cigarette avant de la fumer et (parait-il) ça permettait d’arrêter de fumer. L’explication scientifique était : ‘avec le produit, c’est tellement dégueulasse que vous n’avez plus envie d’en fumer une’. Bien sur, le produit en question coûtait la peau des fesses.

Le gars m’en a voulu de l’envoyer bouler avec son produit ridicule. Franchement, qui irait mettre du produit dégueu sur ses cigarettes, pour les fumer ensuite en râlant qu’elles sont infectes, sans être tenté de prendre une seconde cigarette, cette fois-ci sans produit ?

J’aurais du lui souffler une idée de business sur le même modèle : “les comprimés pour maigrir”. Vous prenez des comprimés de crotte de chat sechée (ou tout autre produit similaire, genre oeil de rat) que vous placez dans votre nourriture avant de manger, et vous êtes surs d’arrêter de manger et de maigrir ! Puis, des comprimés pour maigrir, ça doit se vendre cher, non ? Si ça marche pour sa ‘potion pour arrêter de fumer’, y’a pas de raison.

Un beau jour, la douce et belle Delphine est tombée enceinte de la merveilleuse Antéa. Pendant la grossesse, en bon futur papa gateau que je suis, j’ai bien sûr tenté d’arrêter de fumer. Mais une fois de plus, sans succès (rhoo, allez, j’ai du tenir 1 semaine, c’était mon record).

A chaque nouvel essai pour arrêter, je n’arrivais qu’à une chose, c’est me prouver que je n’avais aucune volonté, et que c’était bien la cigarette qui commandait dans notre relation homme-tabac. Son emprise était tellement forte que, lorsque je me promettais, cigarette au bec, d’arrêter dès le lendemain matin, ça me donnait fortement envie d’en allumer une tout de suite, malgré celle que j’avais dans la bouche à ce moment-là.

C’est ce qui m’a mis un peu la puce à l’oreille quant au rôle du cerveau dans cette dépendance. Après tout, je pouvais passer toute une nuit sans me reveiller pour en fumer une, alors pourquoi est-ce que la journée il m’en fallait forcément une toutes les 2h environ ? Sans compter des cigarettes automatiques dès lors que je lançais un traitement long sur mon PC et que je devais attendre, ou que je reposais mon café ?

Le salut est arrivé par le biais du livre d’Allen Carr, La méthode simple pour en finir avec la cigarette, que j’ai acheté un soir où je me baladais dans Extrapole, aux Quatre Temps (La Défense, Hauts-de-Seine, France).

Avec un titre comme ça, faut admettre que je n’étais pas très motivé, mais la quatrième de couverture et le petit prix (6€ environ) m’ont convaincu que ça valait au moins le coup d’essayer.

Je venais d’acheter quatre paquets de 25 Winston, et ce livre auquel je ne croyais pas beaucoup.

Je suis ensuite rentré chez moi et j’ai lu le livre, en 3h ! Bon, le livre en lui-même est plutôt mal écrit, avec de nombreuses et fastidieuses répétitions. Il est clair que Allen Carr n’est pas un écrivain, et qu’il veut faire passer son message, au risque de gonfler un peu le lecteur.

Ceci dit, j’ai été convaincu par ce qu’il avait à y dire, et dès le lendemain matin je ne fumais plus. Les quatre paquets de cigarettes que j’avais achetés ont trainé sur le frigidaire pendant 4 mois avant que j’en fasse finalement cadeau à mon ami Guillaume.

Je n’ai failli craquer qu’une fois depuis, c’est à la mort de papa, quelques semaines après avoir arrêté de fumer. Fort heureusement, mon frère, à qui j’ai demandé la cigarette qui m’aurait relancé sur la mauvaise pente m’a refusé celle-ci, me rapellant à juste titre à l’ordre. Il était clair que recommencer à fumer n’arrangerait rien.

Depuis, je suis fier d’être un non-fumeur et non un ex-fumeur, dans ce sens que lorsque je pense à la cigarette, je ne me dis pas “je tiens bon depuis 2ans et demi” mais “j’ai définitivement arrêté il y a 2 ans et demi”. La différence est subtile, mais c’est celle qui sépare la personne qui se sent frustrée de ne pas pouvoir fumer de celle qui se régale de ne plus être dépendante.

J’ai depuis offert ce livre à 3 personnes, mon frère, mon ami Guillaume, et ma belle-mère, mais la méthode n’a pas fonctionné avec eux. C’est assez décevant, surtout lorsque je vois à quel point cela a été facile pour moi… Il faut néanmoins noter que sur ces trois personnes, une seule admettait ouvertement vouloir arrêter de fumer, les deux autres jugeant que pour l’instant, elles aimaient bien fumer.

Ronde de nuit

Je viens de terminer le 28ème tome des Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett, Ronde de nuit.

Comme très souvent avec Pratchett, c’est du bon. C’est bien écrit, les personnages sont vivants, les situations drôles, et l’histoire intéressante.

La quatrième de couverture résume le livre ainsi :

C’est un homme comblé que le duc Sam Vimaire, commissaire divisionnaire du Guet d’Ankh-Morpork, heureux père bientôt. Hélas ! la poursuite d’un dangereux criminel entraîne un accident qui le ramène dans son propre passé, en un temps de tumulte et de violence.

Vivre dans le passé n’est pas facile mais y mourir étonnamment simple. Il doit pourtant survivre car des tâches essentielles l’attendent : mettre le grappin sur un meurtrier, s’instruire lui-même, débutant, pour devenir un bon flic et changer l’issue d’une rébellion sanglante.

À l’assaut des paradoxes temporels, un “conte d’une ville” façon Disque-monde, avec sa collection de gavroches, de dames à l’affection négociable (”L’amour au juste prix !”), de rebelles, de policiers de la Secrète et autres enfants de la révolution.

Je ne résiste pas à citer quelques uns des (trop nombreux) passages qui m’ont fait sourire :

Il était une fois resté tellement silencieux, tellement en retrait, tellement invisible, qu’un voleur en fuite s’était appuyé contre lui pour reprendre son souffle. Et quand Vimaire avait refermé les bras autour du malandrin en lui soufflant “J’te tiens!” à l’oreille, l’homme avait manifestement commis dans son pantalon ce que sa chère mère, une quarantaine d’années plus tôt, lui avait patiemment enseigné à éviter.

L’embêtant, c’était les tailles. Pas facile de passer en inspection un rang qui avait Viguelet à un bout et Chouchotte à l’autre. Viguelet était un tel avorton qu’on l’avait un jour accusé de fixer un sergent dans le blanc du nombril, alors que Chouchotte était toujours le premier agent de service à savoir quand il pleuvait. Il fallait prendre beaucoup de recul pour les embrasser d’un seul regard sans s’abîmer la vue.

Vimaire baissa les yeux près de lui. Là, toujours vêtu de son manteau dans lequel on aurait pu en loger deux de son gabarit, mais maintenant coiffé en outre d’un casque bien trop grand, se tenait Chicard Chique.
“Comment tu as réussi à t’infiltrer, Chicard ?
- Ma vieille arrête pas de dire que j’suis insidieux”,
répondit Chicard en souriant. Une manche en concertina se leva à proximité de la tête, et Vimaire comprit que le mouvement dissimulait un salut.
“Elle a raison, dit-il. Donc où…
- J’suis un agent suppléant maintenant, chef, le coupa Chicard. C’est m’sieur Côlon qui l’a dit. M’a filé un casque en rabe. Je m’taille une plaque dans… dans… comment ça s’appelle, déjà, ce truc comme de la cire, ça ressemble à d’la bougie mais on peut pas le becqueter ?
- Du savon, Chicard. Retiens bien ce mot.

Vimaire fixait les armes blanches. Pour gagner une bataille, il suffirait à ces gens de rester immobiles. Si l’ennemi les chargeait suffisamment fort, il ressortirait de l’autre côté en hachis.
[…]
“- Je n’aimerais pas me frotter à eux, c’est sûr.”, répondit Vimaire. Au moins, un quart d’entre eux avait les cheveux blancs et un certain nombre se servaient de leurs armes comme soutien. ” Réflexion faite, je n’aimerais pas avoir à leur donner un ordre. Si je leur disais “demi-tour, droite!” il pleuvrait des bras et des jambes.”

Non, chef, pas possible. J’vois pas Dugland Viguelet en pion d’un plan ingénieux, chef, vu qu’il a pas l’esprit très vif, chef. On l’a accepté dans l’armée seulement parce qu’il a trouvé quelqu’un pour lui peindre G et D sur ses godillots. Voyez, on les connaît tous, chef. La plupart des gars s’engagent pour une courte période, juste pour sortir de la ville et p’t-être montrer aux étrangers qui c’est l’patron. Ils s’attendaient pas à voir des vieilles mémés leur cracher dessus dans leur propre patelin, chef. C’a de quoi abattre un gars, des trucs pareils. Ca et puis recevoir des pavés, évidemment.

“Ca sent bon, dit-il à la silhouette qui touillait doucement le contenu du chaudron avec une louche. Oh, c’est vous… euh… monsieur Planteur…
- Ca s’appelle un ragoût de la victoire, sergent, dit Planteur. Deux sous la bolée sinon je m’tranche la gorge, hein ?
- A peu près ça.” Vimaire jeta un coup d’oeil aux morceaux étranges (pire encore, parfois fâcheusement familiers) qui s’agitaient dans l’écume. “Qu’est-ce qu’il y a dedans ?
- C’est du ragoût, expliqua Planteur. Assez costaud pour faire pousser les poils sur la poitrine.
- Oui, je vois que certains bouts de viande sont déjà pas mal velus.
- Exact ! C’est pour vous dire si c’est bon !

Je m’arrête là, faudrait recopier tout le livre pour lui faire hommage, comme avec la majorité des tomes de cette série. Mes préférés restant ceux où figurent Les trois soeurcières, Cohen le Barbare et sa clique de héros octogénaires, ou bien évidemment le personnage très spécial de la Mort.

Vivement que les éditions L’Atalante nous publie le 29ème tome, “Monstrous Regiment”, paru en 2004 en anglais. Il faut noter au passage que le traducteur, Patrick Couton, fait un travail extraordinaire, pour lequel il a reçu le prix spécial Imaginales 2002.

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