Société


Loin du débat sur le CPE, l’égalité des chances. Loin des considérations sociales voulant que l’état soit seul coupable des problèmes d’emploi et de formation des jeunes (et moins jeunes), voici la petite histoire d’un retraité qui a commencé avec un cap boulanger. C’est rafraîchissant et c’est sur Agoravox.

J’aime beaucoup la conclusion (mais j’ai apprécié le reste du texte aussi) :

Un grand comique a dit: Au bout de tes bras tu trouveras toujours deux mains secourables. Paix et bonheur à tous ceux qui me liront.

Ca fait plusieurs semaines qu’ils essayent de nous faire croire que 3 millions de personnes (nombre le plus optimiste) dans la rue représentent la France (celle-ci comptait pourtant 63 millions d’habitants aux dernières nouvelles).

Ca fait plusieurs semaines qu’ils empêchent les étudiants qui veulent réussir leur année de préparer leurs examens.

Ca fait plusieurs semaines qu’ils veulent nous expliquer qu’en France, ce sont les syndicats et les mouvements étudiants qui font la loi, et non les politiciens, à grand coup de “si tu n’enlèves pas ta loi, je retiens ma respiration jusqu’à ce que je meurs!”.

Et maintenant, les voilà qui jouent à “nananananère” avec le gouvernement en signant le premier CPE de France et en virant l’intéressé 25mn plus tard pour démontrer je ne sais quoi de ridicule (parce que bien sur, tous les patrons de France n’ont rien d’autre à faire qu’embaucher des jeunes pour les virer 25mn après, histoire de passer le temps entre deux cigares ou deux parties de golf).

Ils vont même jusqu’à annoncer, je cite la dépêche Reuters (qui elle-même cite le responsable de la FIDL) :

“Licencié en 25 minutes sans motif, le tout dans le respect de la loi”, a constaté Tristan Rouquier. “J’espère bien être le dernier”, glisse Dimitry Oupoh.

Seul souci, c’est que la loi n’est absolument pas respectée au cours de ce petit exercice de montrage de quequette. C’est comme d’habitude Maître Eolas qui met le doigt là ou ça fait mal, et le fait particulièrement bien, avec son style si agréable à lire malgré les termes juridiques.

Le plus triste dans l’affaire, c’est que les journaux se sont empressés de rapporter cette ridicule démonstration faussée de la FIDL, offrant ainsi à celle-ci la couverture médiatique recherchée, mais n’ont pas fait leur travail de journalistes en dénonçant les multiples incohérences qui rendent la signature de ce CPE parfaitement illégale.

“Nous voulons montrer par A plus B que malgré tous les engagements de la majorité, on peut désormais mettre des jeunes de moins de 26 ans dans la précarité”

“Nous voulons montrer par A plus B”: c’est loupé. De la même façon, on peut prouver que 2 égal 1
Enfin, je dis, “c’est loupé”… mais le coup médiatique est réussi, lui, et combien de journaux vont mettre en avant les points évoqués par Maître Eolas pour prévenir les lecteurs que ce coup médiatique repose sur des bases illégales ? Il est fort à parier que peu d’entre eux prendront cette peine, mais j’espère me tromper.

On notera au passage que Tristan Rouquier, le leader de la FIDL a 17 ans. A cet âge là, on considère que la personne n’est pas encore assez mûre pour voter. Cela n’empêche visiblement pas de contester les choix faits par le gouvernement et d’amener plusieurs milliers de jeunes à manifester. Plus rien n’étonne…

Hier soir, dans mon grand bonheur d’habiter maintenant presque en bout de ligne RER D, j’ai eu l’immense joie d’attendre 1h l’arrivée d’un train désservant ma gare, pour n’arriver chez moi qu’à 21h au lieu de 19h30. Des étudiants et lycéens, dont il est probable que certains n’avaient pas l’age de voter, ont décidé de montrer leur attachement à la démocratie et au respect du droit du travail (et par conséquent du salarié) en empêchant tout simplement les gens de rejoindre leur famille pour un dîner bien mérité après une longue journée de travail.

Je me permet de faire remarquer que certains manifestants/bloqueurs sont mineurs parce qu’à mon avis (et mon chat MacIntosh est d’accord), si ceux-ci n’ont pas encore l’age de voter, je ne vois pas dans quelle mesure ils auraient le droit de demander le retrait d’une loi. J’ai demandé à mes filles de 1an et 2ans, elles sont tout à fait d’accord avec moi aussi, ce qui prouve bien ce que j’avance.

Mais ceci n’est pas l’objet de ce billet. Ni le fait que les étudiants en ce moment croient augmenter leurs chances de trouver du travail dans quelques années en loupant plusieurs semaines de cours, et en plombant par la même occasion ceux d’entre eux qui n’avaient plus qu’une chance de réussir leurs examens de fin d’année avant de devoir se résoudre à mettre des frites dans des cornets rouges marqués d’un M jaune toute leur vie. Tant pis pour eux, ceux-là seront sacrifiés sur l’autel du CPE.

Je ne ferais pas remarquer non plus que 3 millions de personnes dans la rue ne représentent pas une majorité dans un pays comptant plus de 63 millions d’habitants. Je ne ferais pas remarquer qu’un sondage reflète l’opinion de celui qui pose les questions (voir à ce sujet l’excellent Oublier Palerme, où l’on explique et démontre à un candidat au poste de maire de New York, très bien joué par James Belushi, qu’un sondage peut être orienté de façon à obtenir une majorité de OUI ou de NON à la même question finale, “doit-on légaliser la drogue ?”).

Non, en fait, j’ai envie de proposer une solution pour la France. Une solution qui permettrait de lancer de vraies réformes de fond !

Le fond du problème, le vrai, c’est que aussitôt qu’on veut changer profondément quelque chose, on trouvera toujours des gens qui sont farouchement contre, c’est mathématique (et humain, certaines personnes n’existent que dans la contestation).

Mais alors, si changer les choses en profondeur est impossible sans risquer une lutte de plusieurs semaines entre les râleurs et le gouvernement, à grands coups de manifestations, de grêves et de blocages des transports, est-on condamnés à voir le chômage augmenter, le trou de la sécu s’agrandir, les caisses de retraites fondre comme neige au soleil, et les inégalités s’accroître de jour en jour ?

NON, Thierry a LA solution !

Passons la France sous licence GPL

… et laissons les sources librement téléchargeables pour tout le monde. Ainsi, lorsque quelqu’un qui utilise “la France” n’est pas content des évolutions décidées par les programmeursélus, libre à lui de forker le projet et de créer sa version de “la France”, à condition qu’il laisse lui-même libre accès aux sources des modifications qu’il apporte.

Ainsi, dans sa version de “la France”, le CPE n’existerait pas contrairement à “la France” originale. Libre à chacun de choisir dans lequel de ces deux forks il voudrait vivre, quitte à faire sa propre version de “la France” aussi.

Les autres chefs d’états pourraient ainsi prendre les sources de la version de “la France” qui leur convient le plus pour en faire une “Allemagne” ou “Italie”, en retouchant ce qu’ils désirent, et en laissant à leur tour libre accès aux sources modifiées.

Nul doute qu’à terme certains de ces forks donneraient naissance à des pays parfaits.

Des pays ou les salariés ne voient pas les employeurs comme des pourris qui ne sont là que pour les écraser et les jeter quand ils ne sont plus assez rentables. Où l’on pourrait glander toute la journée au boulot sans risquer de se faire virer. Où l’on pourrait remercier le patron de ne pas se vexer lorsque l’on veut tomber enceinte rapidement après une embauche. Où l’on conserve son poste, non pas parce que la loi empêche le patron de nous virer, mais parce que par notre qualité de travail, on est devenu indispensables à l’entreprise.

Des pays ou les employeurs n’auraient pour objectif que le bien-être de leurs salariés. Les patrons feraient leur maximum pour payer autant d’impôts et de charges qu’ils le peuvent, sans utiliser d’artifices pour défiscaliser leurs revenus et ceux de leurs sociétés. Les patrons se feraient une joie d’embaucher à vie tous ceux qui le désirent, libre à l’employé de partir quand il le veut bien sûr.

Alors avec moi criez : “La France sous licence GPL!”

PS: des T-Shirts seront en vente à la sortie de l’amphithéâtre pour ceux qui veulent propager la bonne parole à l’extérieur. Merci d’être venus.

Pour la X-ième fois, mais on ne s’en lasse pas, le marketing UMP/Adwords autour de l’actualité :
UMP adwords CPE

En lisant l’excellent billet de Petaramesh sous-titré “la problématique de l’athée“, j’ai eu envie de commenter un passage qui, je trouve, mérite un peu plus de réflexion. Je ne reviendrais pas sur l’ensemble du billet en question avec lequel je suis assez d’accord, mais j’aimerais réagir à la partie “bourrage de crâne”, et surtout à ceci :

Bourrage de crâne

[…] l’heureux nouveau Croyant admis dans sa nouvelle famille sera ensuite soumis, avant même le développement chez lui du moindre esprit critique et de la moindre rationalité, à un bourrage de crâne en règle, plus ou moins prononcé selon le degré de religiosité et de pratique de la famille où il a vu le jour. Cela ira de fais ta prière à le petit Jésus par-cî, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) par là, l’Eternel ton Dieu et la Terre Promise par ailleurs. Puis la “formation spécialisée” du caté de nos grand-mères à l’école coranique, selon le courant dont chacun se réclame.
Tous ces concepts, toutes ces vérités, le petit enfant les avalera en même temps que l’habitude de se laver les mains avant de passer à table et le fait de mettre ses chaussures avant de sortir, bien avant d’être confronté à l’imparfait du subjonctif ou aux équations du second degré.
[…]
On bourre donc le mou des gosses avec la Vérité Révélée, on bourre tant et si bien, avant même l’acquisition de la capacité de réflexion, qu’une fois parvenus à l’âge adulte, nos Petits Croyants auront si bien intériorisé tout cela que leur religion fera partie intégrante de leur identité et de leur structure mentale.

J’avoue que cette partie m’a beaucoup dérangée, dans la mesure ou je suis moi-même athée, malgré quelques années de catéchisme, pendant lesquelles j’ai effectivement appris quelque chose d’utile.

Si je résume bien, Swâmi, tu comptes laisser ton enfant faire lui-même ses choix lorsqu’il sera en age, c’est très bien et cela part forcément d’un bon sentiment. Cependant, parmi les choix que celui-ci devra faire, il en est d’autres, moins spirituels (dans le sens ou j’entends ce mot) comme le type de comportement qu’il adoptera face aux autres.

Je parle principalement de tolérance et de respect d’autrui. Ton enfant, au cours de sa jeunesse va se retrouver face à plusieurs sources d’enseignement : ses parents, l’école, les copains, les inconnus, etc. La somme de ses enseignements définira la personnalité de l’adulte qu’il deviendra. Le souci, c’est qu’à ce jeu, les parents sont les moins chanceux. Effectivement, arrivé à un certain age, a moins d’avoir eu un bol monstre, l’éducation donnée par les parents sera complètement ignorée par l’enfant, voire même systématiquement contredite.
Il ne restera alors plus à ton enfant que les autres sources d’enseignement.

Si tu as de la chance, il aura des amis “respectables” dans ce sens qu’ils ne tâcheront pas de lui apprendre qu’insulter des flics c’est cool, piquer des fringues c’est le pied, et traiter les filles comme des traînées c’est ce qui te définit comme étant un homme un vrai. Cependant, ce n’est pas quelque chose que tu pourras contrôler, si tes enfants fréquentent les mauvaises personnes, tu ne pourras pas y faire grand chose (surtout si tu veux laisser le choix à tes enfants).

Un enfant qui va au catéchisme, au moins, tu sais qu’on lui présentera aussi une façon de voir les choses plus tolérante, plus “tournée vers son prochain”. C’en est parfois même risible d’entendre ces prêtres dégoulinants de gentillesse et de compassion, mais, à mon avis, c’est très bon pour l’équilibre de l’enfant qui aura ainsi plus d’éléments de réflexion à sa disposition lorsqu’il devra faire les choix qui le définiront.

En ce qui me concerne, j’ai fait quelques années de catéchisme (et de scoutisme) et j’en ai retiré, je crois, un sens moral assez développé, qui se concrétise dans la vie de tous les jours par des actions aussi simples que prévenir la boulangère lorsqu’elle a rendu trop de monnaie, éviter de gêner les voisins en faisant trop de bruit, etc. Ces petites attentions qui rendent la vie plus agréable à tout le monde.

En repoussant complètement les religions, tu refuses aussi certaines valeurs qu’elles enseignent quasiment toutes, comme le respect des autres, la tolérance, la compassion, … Après, que l’histoire prouve que ces valeurs sont foulées quotidiennement au nom de ces mêmes religions, c’est autre chose, et ce n’est pas ça que ton enfant apprendra au catéchisme. Par contre, il sera à même de faire la différence entre l’enseignement catholique et les actions faites, soi-disant, au nom de dieu.

Mes filles choisiront leur religion (athéisme inclus) quand elle le voudront, en attendant, si l’occasion se présente de les inscrire au catéchisme, bien que je ne soit pas croyant, c’est volontiers que je le ferais, non pas pour qu’elles apprennent qu’il y a une vie après la mort, et que Dieu a envoyé son fils se faire charcuter pour voir si on l’aimait assez, mais uniquement pour qu’elles soient confrontées à des attitudes et émotions qu’elles n’auront malheureusement que trop peu le loisir de croiser dans la vie de tous les jours.

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