Société


Lors d’un billet récent où j’exprimais mon manque de pitié pour les gens qui essayent de ressembler aux photos de magazines, j’ai indiqué un lien vers un site web qui présentait les retouches effectuées sur une photo avant son passage en couverture.

Le site en question était G!rl Power, qui essaye ainsi de démontrer aux jeunes filles influençables que leur modèle n’est parfois pas plus parfait qu’elles.

J’ai depuis trouvé un autre site un peu dans le même genre, qui propose un avant/après afin de bien réaliser à quel point les images de magazines sont retouchées. Il s’agit d’un site professionnel d’une société dont le travail est justement de faire de la retouche photo.

Ce second site est celui de Fluideffect qui présente, dans la section “portfolio”, une galerie “Before/after” qui permet de réaliser le travail de retouche effectué, quasi systématiquement, dans les magazines.

Pour ceux d’entre vous 3 qui me lisez (je ne compte pas maman, qui pourtant compte beaucoup pour moi) qui n’auraient pas vu le pourtant très drôle “Demolition Man”, voici un bref résumé pour bien comprendre la suite de ce billet :

Année 2032 : dans la mégalopole de San Angeles, Simon PHOENIX, dangereux psychopathe s’évade du cryopénitencier. Face à ce tueur seul un policier exceptionnel peut s’imposer, John SPARTAN. On ne résiste pas à Demolition Man…

Ca paraît con, c’est vrai, et ça l’est. Mais dans le bon sens du terme. Je ne rate jamais une rediffusion.

Un des gags du film (qui se passe dans le futur si vous lisez ce billet avant 2032), est que les gens sont tous devenus gentils tout plein (enfin, presque tous, sinon cela se serait appelé “Demolition OuiOui”).

Afin de s’assurer que cette gentillesse perdure, des actions aussi simples que proférer des jurons sont interdites, et des détecteurs de gros mots automatiques sont placés un peu partout, qui délivrent des amendes lorsque l’on a le malheur de dire bite, couille ou TF1. L’effet comique est d’ailleurs assez réussi puisque tout au long du film, lorsque Stallone prononce un gros mot (et il en connaît le bougre), on entends un “buzz” subtil en fond sonore indiquant qu’une machine quelque part a rédigé une amende.

Bref, ce qui paraissait si amusant dans Demolition Man ne l’est visiblement pas en vrai. Kurt Walker, un anglais de 18ans qui, en discutant avec un ami dans un parc, a prononcé le mot “phoque” (ou un truc qui sonne presque pareil), s’est vu proposé de payer une amende immédiate de 80£ (118€, $140, ou encore 371 832,7 bolivars vénézuéliens) par un policier qui a entendu le vilain vilain mot et qui a été visiblement choqué par tant de violence verbale.

Ce qui me faisait rire encore hier, prête à rire aujourd’hui.

Le Kurt en question a décidé de ne pas payer l’amende et d’aller au tribunal, on le comprend. A noter qu’il n’est pas le pire voyou du quartier, lorsqu’il a reçu l’amende, il se rendait au centre de jeunesse du coin ou il travaille comme volontaire. Non pas que s’il était en route pour le bistrot pour prendre une bière, l’amende aurait été plus justifiée, bien sur.

Une discussion intéressante se déroule en ce moment entre Swâmi Petaramesh et Veuve Tarquine (qui vient de remporter un bien mérité pyjama de satin dans la catégorie “Best writing” des AFOE European Weblog Awards 2006 et est arrivée 2ème au classement général des meilleurs blogs).

Cette discussion tourne autour du sujet controversé de l’utilisation du corps féminin pour vendre un peu tout et n’importe quoi, souvent sans aucun rapport avec le corps en question. L’origine de cette discussion semble se situer sur Standblog, où l’auteur présentait un site où un mannequin féminin et un photographe proposent de télécharger des fonds d’écrans et bannières sexys afin de promouvoir l’utilisation du navigateur web Firefox.

Deux choses semblent choquer Veuve Tarquine :
- L’utilisation de la femme dans sa presque nudité pour vanter les mérites d’un navigateur web
- Le fait que Standblog et Petaramesh ne semblent pas dérangés par cette façon de procéder

Si, humblement, tel le petit nouveau du blogging que je suis, je devais me permettre de juger les arguments des deux parties (oublions ici Standblog qui ne semble plus, pour l’instant, se préoccuper du sujet), je me permettrais de signaler que les arguments du guru sont plus posés que ceux de la veuve, qui semble effectivement écrire beaucoup plus avec son coeur qu’avec sa raison (ce qui donne souvent de sublimes billets comme celui-ci qui a su toucher le coeur du papa que je suis).

Il faut bien admettre que le corps féminin sert d’attrape-mouche à toutes les formes de publicité depuis la nuit des temps, mais ceci est tout aussi vrai du corps masculin, il n’y a qu’à voir les maintenant célèbres calendriers des rugbymen, les publicités pour Pepsi (ou était-ce Coca-Cola ?) montrant un laveur de carreaux torse nu qui faisait sa pause Pepsi devant un parterre tout émoustillé de secrétaires en chaleur, ou encore la publicité pour un numéro en 118 (les pages jaunes) où une grand-mère téléphone à son voisin, tout nu sur sa terrasse, dans l’espoir de faire bouger l’Apollon et mieux voir tous ses atouts. La liste est probablement longue.

Il arrive donc que des publicitaires me présentent des hommes qui passent 4h par jour à muscler leur corps (parce qu’il s’agit là de leur outil de travail), qui ont la chance de ne pas encore perdre leurs cheveux, ou qui ont le culot de le faire avec classe, d’avoir les traits du visage réguliers, ou d’avoir juste le petit défaut qui fait craquer (je pense, par exemple, à Joaquin Phenix), pas trop masculins parce que tout le monde n’aime pas Charles Bronson, mais pas trop féminin parce que Di Caprio ne représente pas forcément le rêve de toutes les femmes.

Est-ce que ces publicités mettant en avant des corps masculins quasi-parfaits me dérangent ? Et bien bizarrement, non. Je n’ai pas subitement envie de prendre un rendez-vous auprès d’un cabinet de chirurgie, ni de me lever 1h plus tôt chaque matin pour courrir autour du paté de maison (pourtant ça ne me ferais pas de mal, médicalement parlant). Je n’ai pas non plus envie d’aller me cacher sous ma couette en pleurant parce que je ne ressemble pas à Brad Pitt, et que je suis plus Ben que Affleck.

En fait, j’ai même l’impression que ces publicités qui montrent des hommes superbes sont une insulte à l’intelligence des femmes. On veut leur vendre un service de renseignements téléphoniques ou une boisson gazeuse en leur montrant un homme quasi-nu ? On les prends vraiment pour des connes ? Ah, pardon, visiblement, ça ne choque pas, ce qui choque c’est qu’on montre une femme dénudée pour faire le même coup aux hommes. Chacun ses priorités, mais je comprendrais mieux une femme qui demande à ce qu’on arrête d’essayer de lui vendre de la merde en lui agitant un torse bodybuildé devant les yeux que celles qui demandent à ce qu’on arrête de présenter des femmes dénudées dans la publicité.

Si l’on poursuit la reflexion et qu’on abolit l’utilisation de la femme dans la publicité, ne devrait-on pas aussi ne pas montrer trop de gens intelligents à la télé (dans une certaine mesure, je crois que c’est justement ce qui arrive, mais je m’égare) ? Ne devrait-on pas aussi éviter de montrer des gens trop riches, pour ne pas heurter le smicard ?

Ne devrait-on pas faire comme dans cette fameuse nouvelle de Richard Matheson dont le nom m’échappe, où les talents, chances, avantages des gens étaient systématiquement inhibés par l’utilisation de machines afin que personne ne puisse rendre les autres jaloux. Ainsi les gens qui étaient très gracieux étaient obligés de porter des poids, si vous aviez du charme, vous deviez porter un masque pour compenser, les esprits supérieurs portaient des casques qui envoyaient périodiquement des sons stridents pour les empécher de réfléchir.

Et bien OUI! Il y a de belles femmes et il y en a des moches. Il y a de beaux mecs, et il y en a des moches. Il y a des abrutis parfaits qui vivent à quelques kilomètres du prochain Einstein. Mais bizarrement, quand une personne intelligente nous vante les mérites d’un produit, ça n’enerve pas les abrutis, même si c’est un produit pour abrutis.

Est-ce qu’au moins ces personnes outrées réalisent que ce qu’on nous montre, ce ne sont même plus de vraies femmes, mais des photos retouchées ?

Je vais être vache, mais à mon avis, si des hommes et des femmes sont assez stupides pour se ruiner la santé (voire se donner la mort puisque le sujet a été évoqué), et bien tant pis, c’est Darwin à l’oeuvre, l’éviction du plus stupide ou du plus influençable pour le bien du groupe.

En attendant, qu’on continue à essayer de me vendre des téléphones en me montrant une paire de seins, ça me permet d’assouvir mes pulsions les plus bestiales, contre lesquelles je ne veux pas lutter, car comme tout homme je suis un animal avant tout, et ayant eu ma dose de “sexe” grace à la publicité, je peux me concentrer sur des choses plus importantes quand je discute avec une femme, surtout si elle est belle.

En attendant, je garde Firefox, avec lequel je peux naviguer sur des sites ou les femmes sont dénudées, et je ne pense pas qu’à Femfox.

Vu sur Embruns, Laurent fait une brève description de Ayaan Hirsi Ali, Parlementaire néerlandaise, d’origine somalienne. Elle a collaboré avec Theo van Gogh à la réalisation du film “Submission”, voulant illustrer l’oppression des femmes dans le monde de l’Islam. Si vous avez vécu dans une grotte depuis 2004, vous apprendrez que ce film a couté la vie à Theo van Gogh.

Sur son blog, Laurent poste un extrait du discours de Ayaan Hirsi Ali du 9 février 2006 à Berlin, à propos des caricatures de Mahomet, dont la version intégrale peut être lue sur le blog de Ayan :

“Je ne cherche pas à offenser le sentiment religieux, mais je ne peux me soumettre à la tyrannie. Exiger que les hommes et les femmes qui n’acceptent pas l’enseignement du Prophète s’abstiennent de le dessiner, ce n’est pas une demande de respect, c’est une demande de soumission.”

Le reste du discours est tout aussi intéressant, je vous invite à le lire sur Embruns.

Profitez-en pour lire ou relire, toujours sur Embruns, Caricatures et Manipulations.

Une étude récente du Journal of Personality and Social Psychology réalisée sur une soixantaine d’étudiants démontre que nous avons seulement 50% de chances de discerner correctement le ton ou l’émotion d’un email que l’on reçoit.

Cette même étude démontre que nous somme persuadés de discerner correctement ce ton dans 90% des cas.

On constate qu’il est donc assez facile d’interpréter à tort un mail sans s’en rendre compte, et ainsi confondre sarcasme et affirmation.

C’est ainsi aussi que certains fils de discussion au sein d’un forum peuvent tourner rapidement à la gueguerre entre membres, sur un message mal interprété ou une émotion mal perçue.

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